Notes sur quelques plantes
21 avril 2026

Notes sur quelques plantes
À force de travailler avec les mêmes plantes, on finit par développer avec elles une sorte de familiarité. On apprend lesquelles savent rester discrètes, lesquelles prennent immédiatement toute la place, lesquelles changent beaucoup selon les lots et lesquelles semblent avoir besoin d’une autre plante à leurs côtés pour révéler leur intérêt.
Ce carnet n’est pas un herbier médical et ne cherche pas à établir une liste de propriétés. Ce sont simplement quelques observations issues de notre travail de composition chez Shiva Blends : la façon dont nous regardons les plantes, leurs textures, leurs parfums et la place qu’elles peuvent prendre dans une recette.
La molène
La molène, souvent appelée bouillon-blanc, fait partie des plantes que nous utilisons volontiers lorsqu’une composition a besoin d’une base légère et relativement neutre. Son intérêt tient justement à sa discrétion : elle peut apporter de la matière sans donner immédiatement une direction aromatique très forte au mélange.
Nous l’apprécions particulièrement dans les recettes où d’autres plantes doivent pouvoir s’exprimer sans entrer en compétition avec une base trop parfumée. C’est une plante de structure plus qu’une vedette, ce qui la rend paradoxalement très utile dans le travail d’assemblage.
La feuille de framboisier
La feuille de framboisier possède un caractère plus franchement feuillu. Elle apporte une présence végétale un peu plus ronde et forme une base intéressante lorsqu’on recherche quelque chose de simple et naturel.
Associée à la molène, elle permet notamment de construire des compositions assez sobres, auxquelles on peut ensuite ajouter une plante plus expressive. C’est une bonne illustration de notre manière de travailler : la base n’a pas nécessairement besoin d’être spectaculaire pour être importante.
Le damiana
Le damiana a beaucoup plus de personnalité. Son profil est chaud, herbacé et aromatique, avec une présence facilement identifiable lorsqu’il commence à prendre une place importante dans la recette.
Nous aimons particulièrement observer à quel point une petite variation de proportion peut changer la perception du mélange. Trop discret, le damiana peut disparaître derrière la base. Trop présent, il prend rapidement le dessus. Entre les deux se trouve souvent une zone beaucoup plus intéressante, où il donne de la profondeur à l’ensemble sans empêcher les autres plantes d’exister.
Le lotus bleu
Le lotus bleu possède déjà un univers très particulier avant même d’entrer dans une recette. Ses pétales violets, son cœur doré et sa longue présence dans l’iconographie de l’Égypte ancienne ont nourri autour de lui un imaginaire très riche.
Dans nos compositions, nous préférons cependant le traiter comme une plante plutôt que comme un symbole magique auquel il faudrait attribuer toutes sortes de promesses. Son intérêt réside dans son caractère botanique, dans l’histoire qui l’accompagne et dans la manière dont il peut modifier subtilement la personnalité d’un assemblage.
C’est aussi une plante que nous trouvons plus intéressante lorsqu’elle ne cherche pas à occuper toute la scène. Une présence mesurée permet souvent de conserver quelque chose de plus harmonieux.
Le Wild Dagga
Le Wild Dagga est immédiatement reconnaissable à ses fleurs orange vif. La plante possède un caractère visuel presque flamboyant, tandis que son profil botanique demande davantage de recherche pour trouver sa juste place dans une composition.
Nous l’utilisons surtout lorsqu’une recette a besoin d’un élément plus singulier, capable de la distinguer sans nécessairement devenir son parfum principal. C’est une plante qui illustre bien le fait qu’un ingrédient peut participer fortement à l’identité d’un mélange sans être celui que l’on identifie en premier.
Le millepertuis
Le millepertuis possède une présence plus discrète dans nos assemblages. Ses petites fleurs jaunes évoquent naturellement les plantes sauvages et les herbiers d’été, mais son rôle dans une recette se joue surtout dans la nuance et l’équilibre général.
Comme pour toutes les plantes possédant des précautions d’usage ou des interactions connues, son utilisation demande également une attention particulière à l’information et à la traçabilité. Le caractère botanique d’une plante ne doit jamais faire oublier qu’elle possède une composition propre.
La menthe
La menthe est une leçon de modestie pour quiconque commence à composer. Elle peut apporter énormément avec très peu. Sa fraîcheur est immédiatement identifiable et quelques ajustements suffisent souvent à transformer complètement le profil d’un mélange.
Elle nous rappelle régulièrement qu’une plante n’a pas besoin d’occuper une grande proportion pour jouer un rôle essentiel. Dans certaines recettes, elle agit davantage comme un trait de pinceau que comme une couleur de fond.
Rose, lavande et autres fleurs aromatiques
Les fleurs demandent généralement une main légère. La rose peut apporter une nuance délicate et ronde, tandis que la lavande possède une puissance aromatique beaucoup plus directe. Dans les deux cas, l’intérêt réside souvent dans la retenue.
Une petite quantité peut suffire à faire apparaître un détail qui manquait à la recette. Une quantité trop importante peut au contraire masquer la structure construite avec les autres plantes. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous ne raisonnons jamais uniquement en termes d’ingrédients, mais en termes de proportions.
Une plante n’existe jamais tout à fait seule
C’est probablement la partie la plus fascinante du travail de composition. Le caractère d’une plante change selon ce qui l’entoure. Un damiana paraît différent sur une base très neutre. Une fleur devient beaucoup plus visible lorsqu’elle est associée à des plantes discrètes. Une petite touche de menthe peut donner une nouvelle lecture à une recette que l’on pensait déjà connaître.
C’est aussi pourquoi une formule ne raconte jamais complètement un mélange. Il faut la sentir, observer la matière, comparer plusieurs essais et parfois laisser reposer une composition avant de comprendre ce qui fonctionne ou ce qui demande encore un ajustement.
Au fond, nous continuons à composer pour cette raison très simple : quelques plantes posées côte à côte peuvent donner naissance à quelque chose qui n’existait dans aucune d’entre elles séparément. C’est cette petite alchimie, très concrète et très végétale, qui continue de nous intriguer.
Ces notes décrivent notre travail des plantes et leurs caractéristiques botaniques ou aromatiques. Elles ne constituent pas des indications thérapeutiques ou des conseils de santé. Certaines plantes peuvent présenter des contre-indications ou interagir avec des traitements médicaux.
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